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Dorothée m’a tuer: votre témoignage ?

C’était le temps des dessin animés japonais à la pelle sur les grandes chaines françaises (et italiennes/espagnoles). 

C’était très dur, pour les enfants et les ados. Vous ne pouvez pas comprendre si vous étiez trop jeune ou trop vieux, en gros si vous avez moins de 27 ans et plus de 45. Exposés à la violence (gratuite) des Robots cornus géants, au spectacle d’enfants (tyroliens) maltraités et autres (dégradantes) visions de petites culottes, les jeunes vivaient l’enfer tous les mercredi et tous les soirs.

Heureusement que le CSA veillait et a sauvé (grâce aux injonctions adressées  à TF1)  une grande partie d’entre nous de la délinquance juvénile et de la détresse psychologique.

Bref: vous avez été traumatisé à vie par Ken le survivant ? les petites culottes de Jeanne (et pas)  et Serge sont responsables de votre sexualité déviante ? Les sévices endurés par Rémi ou Heidi vous font faire des cauchemars  ?

Sortez de l’ombre et témoignez, grâce à la page facebook Dorothée m’a tuer (https://www.facebook.com/dorothematuer). N’hésitez pas à poster des photos incriminant les susdits dessins animés, voire des photos/descriptions des séquelles à long terme sur le développement de votre-personnalité-d’adulte. Ça vous fera du bien.

Plus sérieusement (quoique…) je m’intéresse en ce moment à cette époque ou quelque chose s’est produit sur quelques uns des paysages télévisuels européens et dont la France était l’épicentre mondial avec l’Italie. Cocorico paradoxal. J’en reparlerai. Au passage, cette page sert donc à réunir de l’information sur le sujet (inventaire des scènes coupées dans les différentes versions, ou y ayant échappé), et sera probablement suivie d’une enquête par « sondage » sur les innocentes victimes de l’époque que vous étiez, et qui, semble-t-il, ont grandi sans trop de séquelles….

Crédit photo: scène coupée de Jeanne et Serge, diffusée sur la Cinq puis sur le club Dorothée.

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Tout stefan Wul en BD: du bon et du moins bon

Il y a peu, l’éditeur Ankama a eu la bonne idée de mettre enfin en image (en BD) l’ensemble des récits de Stefan Wul, météore de la Science Fiction française dans les années 50 (avec un retour dans les années 70)et bien sûr inspirateur de deux des trois films de René Laloux.

J’avoue avoir hésité longtemps avant d’écrire cet article. Par principe, je préfère voir le verre a moitié plein. Soyons donc constructifs : les travers dans lequel est tombée cette série (pour ce que j’en ai vu), ne sont pas propres à l’éditeur et aux artistes, et par ailleurs, on y trouve aussi d’excellentes choses…

Oms en série: une bien sage violence

L’album (je n’ai lu que le premier) consacré à Oms en série  laisse une impression mitigée, avec du bon, mais un manque de souffle diffus. La comparaison était de toute façon difficile avec la planète sauvage et le graphisme semble d’ailleurs vouloir prendre le parti pris de se différencier avec une sorte de ligne claire assez réussie, comme le montre la très belle couverture. Pour le reste, on ne sait si cela tient au découpage sage très franco-belge, mais on est loin de respirer l’exotisme extra-terrestre du roman, rendu à sa façon sinon magnifié par le dessin animé.  Même la violence du propos est affadie, traduite façon « bouillie de sang » alors que la violence réelle est dans le statut de l’être humain sur cette planète, et son aliénation. L’ombre de l’esthétisation de la violence propre aux jeux vidéo plane sur l’oeuvre, avec toute la banalité que cette pornographie omniprésente charrie.

Encore une fois, plus d’audace dans le découpage, plus de plans larges pour montrer la beauté de la planète, plus de créatures aussi monstrueuses qu’inoffensives (et vice versa), plus de points de vue subjectifs auraient pu nous faire plonger dans la masse des Oms sauvage. Leo aurait sur ce plan peut-être fait la meilleure adaptation possible aujourd’hui, en injectant comme il le fait son Brésil natal avec un luxe de beautés vénéneuses et sensuelles. Bref, Oms en série semble à l’image d’une certaine culture pop contemporaine: sage malgré sa violence affichée avec un manque d’audace, sauvée néanmoins par une belle ligne claire.

Mais quand même. Rien que la couverture fait rêver, et certains dessins laissent imaginer une version animé (sans e, style nippon) dopée au drama, qui aurait aussi pu être une voie d’adaptation…

Pièges sur Zarkass: crac dedans

Avec cette adaptation, les défauts de Oms en série se trouvent démultipliés en donnant l’impression que les auteurs (et/ou leurs responsables éditoriaux ?) n’ont pas su quoi faire de ce roman des années 50. Pour ceux qui ne le connaissent pas, le roman met en scène deux agents terriens sur une planète exotique, sorte de protectorat, aux prises avec une race extraterrestre expansionniste qui vient jouer sur leurs plates bandes…un roman d’aventures échevelées, hautes en couleur, avec de l’action un brin picaresque, des rebondissements et de l’émerveillement, jusqu’au dénouement.

Or avec cette adaptation, bien loin de nous dépayser, on patauge dans « l’actualité » au sens du brouhaha médiatique en particulier de la « théorie du genre ». Les auteurs se sont crus eux aussi obligés de transformer les héros du roman en femmes travesties/ transgenres, portant poitrine fournie ET barbe. Ce que cela apporte au récit: du grotesque hors sol, qui anéanti toute forme d’identification, tout ancrage dans un récit archétypique auquel on pourrait se raccrocher (ajoutons que les femmes en question sont, comme c’est souvent le cas dans la BD, des stéréotypes fantasmés dessinés par des hommes).

Oui, l’oeuvre de Stefan Wul est écrite dans les années 50, et cela se ressent: on y trouve la perception du français moyen de l’époque, version éclairée. Ses œuvres, et particulièrement celle-ci sont des histoires d’aventures coloniales à peine travesties de SF.

De même que les auteurs de la BD n’ont pas su quoi faire de l’archétype des baroudeurs de la jungle, on les sent embarrassés avec ce type de récit.Peut être  est-ce la raison d’une certaine platitude et du refuge dans l’humour caca-boudin qui consternera tous ceux qui connaissent le gout de Wul pour les alexandrins et l’émerveillement un peu enfantin qu’il cherchait à produire chez le lecteur.

Il n’est pas dans mon propos de vanter un quelconque « mérite » de la colonisation, mais de prendre de la distance avec les valeurs, les nôtres et celles de l’époque, et d’être capable d’en extraire ce qui nous parle encore aujourd’hui. Mais ceci est une autre histoire (bientôt….)

 

Les pièges du futur: retour à Laloux

Au final, embarras général avec une oeuvre incomprise, chute ou complaisance dans un certain présentisme superficiel , oubli du « sens of wonder », banalité de la mise en scène. Pièges sur Zarkass est un coup dur, alors que Oms en série tient encore bien la route . En attendant de lire le reste de la série,  je suis d’autant plus déçu que l’intention était louable, et que WUL,ce peintre des ambiances aliens, est pour moi, comme beaucoup, l’ un des plus grands écrivains de SF français, malgré (ou grâce à) son absence de prétention, et qui ,quoiqu’on en dise tient mieux que jamais la route.

Qu’à cela ne tienne, j’avais annoncé que je serais constructif. Et je tiendrai parole….dans un prochain article. Rappelons en effet que, avant de devenir le long métrage que l’on connait, Les maîtres du temps faisaient partie, dans le projet initial de Laloux, d’une série pour la télé reprenant l’ensemble des romans de Wul, interprétés chacun par un des grands dessinateurs de l’époque.

Cela doit en faire rêver plus d’un…le titre lui-même (« les pièges du futur ») a un merveilleux parfum de cet âge d’or du Dessin animé de SF, quelque part entre les Maitres du temps, Bandar book, Ulysse 31, il était une fois l’espace  et autres Capitaine flam. Je ne ferai donc rien de moins qu’ébaucher ce que pourrait être une adaptation de Wul en dessin animé, aujourd’hui…

 

Crédit images: couvertures des albums concernés. Tous droits réservés Ankama.

 

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